Le feu à Marseille cet été ne serait pas imputable au militaire

Publié le vendredi 16 octobre 2009 à 11H22
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- Un rapport d'expertise de la gendarmerie sur le feu qui a détruit en juillet dernier 1.200 hectares de végétation aux portes de Marseille innocenterait le militaire soupçonné d'être à l'origine du sinistre.
Selon la Provence, qui s'est procuré ce "pré-rapport", les experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) expliquent que ce ne sont pas les balles traçantes au phosphore tirées dans le cadre de l'exercice dirigé par l'adjudant Philippe Fontaine qui ont provoqué l'incendie.
Les fragments de balles retrouvées sur les lieux de départ de feu ne correspondent pas avec ceux des munitions utilisées par la section dirigée par le sous-officier.
"Nous pouvons conclure que ces fragments métalliques ne proviennent pas d'une chemise de balle traçante de 5,56 mm NATO modèle F5 du lot 17-RG-02", affirment les experts.
La Provence précise que l'Armée de terre a indiqué ne pas avoir eu connaissance de ce pré-rapport.
"Sous réserve d'investigations complémentaires qui viendraient contredire cette expertise, je vois difficilement comment on peut continuer à poursuivre Philippe Fontaine", a dit pour sa part l'avocate du militaire, Me Michèle Naudin.
Désigné comme "seul responsable" par sa hiérarchie militaire, le légionnaire a été mis en examen et suspendu de ses fonctions pour avoir utilisé le 22 juillet des balles traçantes pour l'exercice, ce qui est interdit dans le sud de la France.
La juge d'instruction Laëtitia Ugolini a retenu six chefs de mise en examen contre le sous-officier du 1er Régiment Etranger d'Aubagne, dont ceux de "destruction involontaire par incendie par violation d'une obligation de sécurité", "destruction et dégradation involontaire du bien d'autrui", "blessures involontaires" et "violation de consignes" - des délits passibles d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement.
Il a également été suspendu de ses fonctions par le ministère de la Défense dans l'attente des résultats d'une enquête judiciaire et d'une enquête de commandement.
L'adjudant de 43 ans est accusé d'avoir dirigé l'exercice de tir d'une section de sept légionnaires avec des balles traçantes dans le camp militaire de Carpiagne.
Deux jours durant, les 22 et 23 juillet, l'incendie a parcouru 1.200 hectares, détruit une villa, cinq cabanons et une ancienne bergerie dans l'Est de Marseille et mobilisé quelque 500 pompiers.


Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse


 

 

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